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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 05:28



 

Crise financière internationale : Ou comment rendre "gérable" une politique basée sur les inégalités
par Ronald Janssen

 

 

Dans la revue « L'économie politique » n°43  de juillet 2009, (Groupe Alternatives Economiques), il y a notamment un article qui mérite de s'y attarder (merci José !).

 

C'est celui de Ronald Janssen, Conseiller économique à la Confédération Européenne des Syndicats : La relance sociale européenne et la grande récession.

 

L'idée développée est la suivante.

 

« Ces 10 ou 20 dernières années, on a systématiquement fait la leçon aux travailleurs et aux syndicats en Europe. On leur a fait croire qu'ils devaient accepter les plus grandes inégalités : en récompensant les plus talentueux, l'économie deviendrait plus innovante et le reste de la société finirait par en profiter d'une manière ou d'une autre. On a en outre fait croire aux travailleurs qu'il leur fallait devenir plus actifs, plus flexibles, et plus modérés : pour doper la compétitivité des entreprises, les travailleurs devaient cesser de dépendre des prestations sociales, ils devaient être disposés à accepter n'importe quelle offre d'emploi pour n'importe quel salaire  et à n'importe quel endroit, être prêts à se faire licencier plus facilement, se montrer plus modérés et plus souples dans leurs exigences salariales. Bref, on a délibérément opté pour un agenda politique de stimulation de l'offre, en faisant peser tout le poids de l'adaptation sur la main d'œuvre et en dorlotant par là même les entreprises. »

 

Je précise à ce stade, que l'auteur n'est pas un français, et que son raisonnement est au niveau européen. Bizarre, c'est exactement ce qui s'est passé en France !...

 

La suite...

 

« Alors que la modestie salariale et la flexibilité étaient de rigueur du coté du mouvement syndical, les rentes économiques créées par la flexibilité, des pratiques de travail précaire et la modération salariale ont été récupérées par les actionnaires, et une certaine élite (directeurs généraux, cadres supérieurs, etc.) en a largement profité. Les primes et stocks options se sont développés parallèlement à une dynamique salariale faible. Résultat : les économies sont de plus en plus inéquitables. »

 

Je rappelle que la CES n'est pas une organisation classée particulièrement « gauchiste »...

 

Et c'est là que cela devient particulièrement intéressant...

 

« C'est là qu'intervient l' »innovation financière », ou   plus précisément le « capitalisme casino ». Pour compenser la perte de la dynamique de la, due au fait que de nombreux travailleurs sont privés de leur juste part du progrès économique, la politique s'est tournée vers les marchés financiers pour qu'ils interviennent et comblent le fossé En l'absence d'une progression des salaires réels et suite à la transformation des emplois de qualité en contrats précaires, la demande et la croissance économiques ont dû compter de plus en plus sur un endettement excessif des ménages et sur la création de « bulles de prix d'actifs » ».

 

Voilà qui éclaire sous un autre jour la crise des subprimes, mais aussi le développement de toutes les formes de crédit « un peu trop faciles » à obtenir...

 

Allons encore un peu plus loin..

 

« Ce n'est pas seulement par cupidité personnelle que les banquiers et les gestionnaires de fonds on mis au point des pratiques risquées, telles que les prêts à haut risque et autres instruments financiers...On les a autorise et même encouragés à la faire parce que dans le cas contraire, le système économique, avec sa tendance fortement opposée à la main d'œuvre et son penchant pour les inégalités, aurait été ingérable. Ce qui explique pourquoi la récession actuelle n'est pas seulement une crise des marchés financiers : elle est aussi la crise d'un modèle économique fondé sur l'inégalité. »

 

 

L'auteur développe ensuite dans son article, la nécessité pour sortir de la crise de revoir le modèle et baser à contrario du précédent sur le renforcement des droits des salariés, loin d'être incompatibles avec le développement économique, sans oublier bien sûr l'investissement dans la lutte contre le changement climatique et dans un avenir écologique et durable...

 

Il est bien connu depuis Marx, que le crédit est le meilleur moyen de « tenir les salariés ». Un travailleur endetté est un travailleur docile...

 

L'analyse de Ronald Janssen, de la CES, pas vraiment classée pour ses positions radicales (*) est fortement intéressante En clair, le système était tellement inégalitaire, qu'il fallait bien lâcher du lest sur le crédit et autres pour que le « bas peuple » ne se révoltent pas trop et ne se rendent pas trop compte des inégalités grandissantes... mais le système a trouvé ses limites avec différents scandales en France notamment sur le salaire des grands patrons, les stocks options, les parachutes dorés, les golden Hello, les retraites chapeau, etc. La crise des subprimes, dont le principe était justement de permettre à des travailleurs pauvres de s'endetter pour acheter leur maison, a fait s'écrouler le système financier international. Cela a été l'occasion de mettre en lumière d'autres scandales comme les primes faramineuse des traders et autres.

 

Le problème c'est que la crise financière qui se traduit aujourd'hui en crise économique conduit à une crise sociale, dont les premiers impactés sont..... évidemment les mêmes travailleurs victimes des inégalités décrites ci-dessus.

 

Ceci-dit rien n'est jamais inéluctable, et l'économie n'étant pas une science loin de là, mais le fait de choix politiques. Il nous appartient d'expliquer, de débattre et de proposer un autre modèle économique et social ! J'essaie d'y contribuer très modestement au travers de ce blog et au sein du Parti de Gauche !....

 

DH

 

 

 

(*)  La CES soutient malheureusement le TCE sans réserve, ce qui n'est pas forcément en cohérence avec l'analyse de Ronald Janssen. Les propos de Janssen dans cet article n'engagent d'ailleurs pas la CES.

 

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