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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 05:53


Jean-Jacques PIETTE a sorti récemment un livre « le pouvoir pourquoi et comment ? ».


Bakchich.info en a fait une critique disponible sur le blog de Jean-Jacques PIETTE...


Il se trouve que c'est un socialiste, proche aujourd'hui de Jean-Luc Mélenchon, qui fait part de son expérience de dirigeant d'entreprise, mais aussi au sein du pouvoir politique.


Son analyse sur la crise me parait intéressante. Pour le livre, je devrai le recevoir dans les prochains jours, pour le lire et en reparler !


A suivre...


DH



Vendredi 2 janvier 2009




La crise: pourquoi, comment...et les suites possibles.

 

Une crise financière sans précédent par son ampleur a engendré une crise économique et sociale.

Jusqu’où cette crise globale entraînera les pays et les hommes et femmes du monde : vers davantage de régulation, des  États keynésiens et interventionnistes ? 
 
Vers plus de désordres avec des drames  politiques, la faim, le fascisme, des dictatures ?  Vers une prise de  conscience socialiste ?  La réponse  suppose d'abord  un diagnostic sur les fondements de cette crise.  
 
1/ Il faut  écarter  deux jugements  qui dominent  dans les réflexions publiques.

-Réduire l'explication  au développement des crédits subprimes,  montage sophistiqué  du marché immobilier américain. Cela n'aurait pas justifié les moyens mis en œuvre par les gouvernements. La crise est globale et succède à d’autres crises ayant déjà eu un caractère systémique. 
 
-Considérer que c'est la crise finale du capitalisme ?  Bien des crises ont marqué l’histoire de ce mode de production. Il s'en est toujours sorti et avec plus de forces. L’ampleur des moyens mis en œuvre par les gouvernements sous la houlette de conseillers issus du monde bancaire -partout- m'amène à penser que cette crise sera surmontée, au prix de bien des malheurs mais avec quelques prises de consciences (dangereuses parfois avec le populisme, bénéfiques parfois avec le socialisme en perspective).
 
Nous sommes dans une crise systémique de la finance globalisée plus forte que toutes celles qui précédèrent. Car la globalisation  est  le phénomène nouveau.  Elle concerne  les marchés monétaires et financiers, leur interpénétration mondiale, leur course à la croissance, leur combat contre les obstacles rencontrés. Les  grands groupes bancaires sont  au cœur de cette finance globale par les produits sophistiqués utilisés; leur influence est celle d’un oligopole exerçant ses pouvoirs non seulement sur les marchés de la finance dans le monde, mais aussi sur les régulateurs et les États.
 
Cet oligopole bancaire manœuvre actuellement pour conjurer la crise financière et pour éliminer les oppositions qui pourraient entraver sa logique visant à retrouver sa croissance en crédit et en produit dérivés (couverture de taux, de prix, de la spéculation, des marchés des changes ... transfert du risque de prêteur...). Il entend pouvoir continuer à diriger l'évolution des marchés pour des spéculateurs qu'il ne maîtrise pas forcément. Il veut faire croire qu'en conjurant la crise financière les crises économiques et sociales disparaîtront naturellement.

2/ La chronologie de la crise est éloquente de l'influence de l'oligopole :

-Des prêts à des ménages américains ont été titrisés (subprimes), ce qui est un transfert du risque du prêteur.
-Ces prêts commencent à être insolvables. Les emprunteurs vivent dans une société de consommation. Or la consommation n'est possible que si le pouvoir d'achat augmente (hausse des salaires et/ou redistribution fiscale) ou si le crédit crée ce pouvoir d'achat (le crédit à tout va se justifie si l'emprunteur reçoit à terme des rentrées nouvelles (salaires, promotion, redistribution). Le capitalisme bancaire a oublié ce principe de base est c'est le surendettement des ménages.

-Vient un véritable retournement du marché immobilier.

-Il est suivi d'une hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis à la fin de l’année 2006.

-La crise des subprimes est connue du grand public en août 2007. L'insolvabilité de certains clients entraîne la dévalorisation des créances immobilières titrisées.
 
-Première réponse américaine : des injections de liquidité de la  banque centrale voire de ses consœurs auprès des banques. Cela ne donne aucun résultat  ; les marchés monétaires à court terme restent  bloqués.

-Pendant toute cette période le prix du baril de pétrole est à la hausse par simple spéculation sur une matière première dont on pense la demande toujours à la hausse.

-Deuxième réponse américaine : l'oligopole accepte la faillite de Lehman Brothers.  Et le politique suit. Cette faillite est suivie de la quasi faillite du plus grand assureur AIG. Et c'est le krach du"mardi noir de 2008". Paulson envisage d'abord le rachat des créances toxiques (cantonnement). Cela revient à  maintenir des spéculations sur les marchés dérivés. L'État est bien sous la coupe de l'oligopole. 

 -Toutefois nul ne croît plus à la croissance en témoigne la baisse du baril de pétrole qui tombe de 147 dollars à 40 dollars en six mois.
 
-Devant la réaction de l'opinion et l'élection d'Obama, le plan Paulson se transforme en un apport de fonds propres aux plus grandes banques. Ce plan reste inspiré par l'oligopole bancaire et dans son seul intérêt. Il ne remet pas en cause la pratique des produits dérivés.

-Mais la crise sort du secteur financier et touche les biens durables: l'automobile, l'immobilier... Car l'acheteur peut attendre contrairement aux biens de premières nécessités. Ceci reproduit ce qui s'était passé en 1929/1930. Or comme en 1930 la crise de la consommation de biens durables enclenche une montée du chômage qui va se propager à l'ensemble de l'économie.
 
-De fait la crise s'étend et touche l'Europe. Ici aussi les États s'organisent pour racheter les actions des plus grandes banques . Les plus petites seront rachetées par les premières ou feront faillites.

Cette intervention étant insuffisante, vient la phase des garanties d'Etat sur les crédits interbancaires, puis celle des garanties des dépôts.

Et tout ceci pour rien. La crise gagne l'opinion, crise de confiance. La crise gagne ce qu'on nomme un peu vite l'économie réelle. Des plans (G20, Europe, chaque pays...) sortent, se veulent keynésiens, sans l'être sauf peut-être en Angleterre. Des plans, des discours, des volontés d'intervenir sur l'investissement, rarement sur la consommation. Mais il n'y aucune commune mesure entre ce qui est fait pour les capitalistes des banques, et leurs actionnaires/clients spéculateurs et l'économie réelle. Et surtout il n'y a pas d'entente internationale pour revenir à une séparation des banques commerciales et des banques dites d'investissement. Donc silence sur les produits dérivés qui n'apportent rien à l'économie réelle.

Ne pas toucher, ne pas repenser les opérations de couverture (titrisation, couverture de change, de prix, de valeur boursière, de matières premières...) montre que l'oligopole et la spéculation sont les formes dominantes du capitalisme actuel. Sa financiarisation strictement spéculative  pénalise les bilans des entreprises produisant des biens. Cela montre qu'une prochaine crise financière est encore probable.

Entre temps récession et dépression, conséquences strictes de la spéculation se chevauchent et une crise sociale mondiale semble inévitable.

 

3- Il ne s'agissait donc que de maintenir l'oligopole bancaire et les techniques de couvertures.


Les réunions internationales de novembre et décembre 2008 déclinèrent une politique : la remise en marche, avec des variantes, du système financier international dans le sens souhaité  l'oligopole bancaire.


-Recapitalisation des banques avec des capitaux publics, d'abord en "cantonnant" les actifs toxiques.   


-Puis devant la crise du crédit et celle de l'économie réelle,  des tentatives non concertées d'apurement des actifs toxiques en certains pays.


-Dès lors aucun pays n'exclut la nationalisation de telle ou telle banque mais très peut vont au bout de ce que cela implique: le contrôle par le nouvel actionnaire (l'Etat) des activités de la banque. Au contraire on ne pense qu'à la future sortie ce faux actionnaire.


-On organise, sans se préoccuper de l'économie réelle, un appel aux marchés financiers. Cela  arrête la croissance, et organise ici ou là, la décroissance. La comparaison des sommes engagées pour sauver l'oligopole bancaire, avec celles qui viendront ensuite au secours des économies réelles est la démonstration que ce capitalisme financier est dominant.


-Partout le chômage se développe parce que le travail n'est pas perçu comme le facteur premier d'une économie et donc de sa relance. Pendant les Trente glorieuses "l'argent facile" déclenchait des hausses salariales. Aujourd'hui "l'argent-roi" engrange la spéculation, une inflation en quelque sorte du prix des actifs financiers (sans valeur ajoutée pour l'économie).


-On change en apparence la régulation internationale et nationale des banques quant aux agences de notation, quant aux règles comptables, quant aux rémunérations des dirigeants, peut-être quant aux hedges funds... Mais rien qui garantisse que ne se reproduise pas une nouvelle bulle financière;


-Parallèlement des liquidités ont été remises par les Banques Centrales sur les marchés. Et ces Banques Centrales tentent de tirer vers le bas les taux d'intérêt. Ces deux politiques  reviennent à créer les bases d'une nouvelle bulle financée par le crédit.


-Enfin et surtout il n'est pas question de revenir sur la  liberté des taux de change et celle des taux d'intérêt. Ce qui revient à maintenir la concentration de la finance et les pratiques spéculatives. Les fondements d'une nouvelle et future crise systémique sont donc bien réunis. 

        
 4- L'extension a la sphère de l'économie réelle et donc à la sphère sociale ne garantit pas le succès les politiques mises en oeuvre.  Des actions sociales peuvent paralyser le choix politique exclusivement favorables aux financiers. 


Une rupture brutale  est peu probable aujourd'hui en raison de l'absence de contre-pouvoir.  Mais elle peut surgir après une nouvelle crise systémique puisqu'on a maintenu les causes de sa reproduction. Le maintien d'un pouvoir d'achat artificiel par le crédit et celui des produits dérivés font que le salariat n'est pas  au coeur de la réponse à la crise généralisée actuelle. Cela peut entrainer une explosion sociale dans plusieurs pays suite à  la baisse du pouvoir d'achat, et un chômage de masse. Elle peut conduire à une opposition frontale à la finance (oligopole bancaire et spéculateurs) et  amener le populisme avec des formes totalitaires ou bien des replis nationalistes et des guerres en perspective.


5 - Une  réponse socialiste serait aussi possible (et pour moi souhaitable) avec des perspectives moins tristes que les deux réponses précédentes. 


La crise va engendrer des luttes sociales. C'est le moment pour le socialisme, ayant enfin une vision international, ayant  enfin pris conscience des conséquences de la globalisation financière, d'organiser une réponse fondée sur la démocratie comme moyen et le salariat comme facteur premier. 


Dès lors les nationalisations bancaires seraient conçues dans la durée et sous contrôle.


Dès lors une séparation des banques de dépôts et des banques d'affaires serait instituée, et ces dernières reviendraient à leur vrai  métier d'investisseurs à long terme dans l'économie réelle.


Le plein emploi et le pouvoir d'achat seraient l'objectif par une juste répartition du résultat de l'entreprise entre le profit, l'investissement et le salariat.


Parallèlement les Etats abaisseraient le taux de TVA, impôt injuste plus le revenu est bas, et moyen indirect d'accroître le pouvoir d'achat. Mais pour ne pas reproduire certaines erreurs les Etats se donneraient les moyens pour que cet accroissement du pouvoir d'achat soit dépensé vers les productions nationales.


Les Etats engagent une politique de grands travaux.


Le tout serait financé par l'imposition des grandes fortunes (revenus et profits) et une refonte de l'impôt des entreprises non créatrices de valeur ajoutée telle certains produits des banques.


La lutte contre la spéculation serait l'autre volet de cette politique: fin des couvertures à tout va (de taux, de prix, de change, de valeurs à terme, des prix alimentaires, de produits dérivés sans liens direct avec l'économie réelle). La seule régulation viserait  la réduction des grands déséquilibres et des inégalités.


Par ailleurs, des intégrations régionales seraient conçues aux plans du commerce, et de l'économie (avec si nécessaire des frontières) mais la plus importante serait sur le plan monétaire. Elle seule réglerait définitivement (utopie aujourd'hui?) la spéculation... en tous cas sur les taux d'intérêts et les taux de change.


Ce ne serait pas encore le socialisme dont on ignore encore le modèle de société. Mais ce serait un moment particulier  à durée limitée ou les socialistes ferait avancer le curseur vers le pouvoir du salariat. A ce propos  un mot sur les réflexions en cours sur cet autre modèle de production. De tout temps -même à l'époque du troc- l'économie de marché existe. La matière première et l'homme se rencontre pour produire et il faut ensuite vendre ou échanger ce produit. Simplement les formes de l'exploitation du travailleur sont différentes : esclavage, servage, salariat. Le prochain modèle de société sera toujours une économie de marché et il y aura toujours des travailleurs. Mais le travail de ces derniers ne devra plus être approprié par le profit. Est-ce possible ? Ce sera ma réflexion sur les mois qui viennent.


Le capitalisme (qui ne se confond pas avec l'économie de marché) qui n'est qu'un processus d'appropriation du travail n'est pas mort mais il pourrait s'éteindre à petit feu tant cette crise générale qui sera longue est opportune bien que (malheureusement) douloureuse pour le plus grand nombre.


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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !