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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 06:59

Edouard Husson, sur Marianne2.fr, nous apprend au travers de « sa semaine allemande » que le patriotisme économique est une réalité en Allemagne, contrairement à la France.

 

Il livre aussi une analyse personnelle sur Oskar Lafontaine, Die Linke et le SPD. Il est toujours intéressant de mieux appréhender pourquoi le Die Linke prospère. Cela devrait interpeller nos dirigeants du PS, à quelques semaines du congrès de Reims... C'est d'ailleurs un sujet déjà traité sur ce blog. La dérive à droite du SPD amorcée sous Schröder, et amplifiée aujourd'hui avec l'alliance avec la CDU, conduit inévitablement le Die Linke avec des valeurs à Gauche de prendre la place laissée vacante. Le SPD en final n'ira que de défaites en défaites, en ayant perdu son identité propre.

 

A suivre...

 

DH


Ma semaine allemande : quand la gauche paie pour Schröder, par Edouard Husson

 

La chronique d'Édouard Husson, historien de l'Allemagne contemporaine sur Marianne.fr


Le gouvernement allemand veut modifier la loi sur les investissements étrangers en Allemagne] http://l:www.bmwi.de ; le Ministère de l'économie sera en mesure de suspendre une prise de participation supérieure à 25% par un investisseur étranger dans une entreprise allemande. Les dirigeants politiques et économiques allemands, à la différence de leurs homologues français, parlent très peu de patriotisme économique; en revanche, ils le pratiquent assidument. Le Ministère de l'Economie allemand devra avoir lancé la procédure avant que l'investissement étranger ait été réalisé, en revanche, sa procédure d'enquête ne devra être bouclée que dans les trois mois suivant l'opération économique réalisée.


Cette mesure est, selon les commentaires officiels, une précaution prise face aux fonds souverains. C'est surtout une façon de fermer la parenthèse des années Schröder, où le capitalisme allemand avait, avec la bénédiction du chancelier de l'époque, renoncé partiellement aux vieux mécanismes protecteurs (participations croisées entre banques, assurances et industrie; forte taxation sur les cessions d'actions par les entreprises; absence de cotation à New York) pour se lancer dans la mondialisation financière. Au bout du compte, la décennie se soldera comme un jeu à somme nulle : introduites à la veille du krach boursier de 2001 sur le marché américain, les entreprises allemandes ont vu leurs actions atteindre des sommets puis chuter quelquefois en-dessous de leur seuil de départ; bien des «réserves dormantes» sont ainsi parties en fumée; les entreprises allemandes ont perdu une partie de leur bonne réputation, comme le montre la mise en examen récente des anciens dirigeants de Siemens, suite au versement de commissions occultes en Amérique latine ; les fonds d'investissement et de pension américains ont pénétré les entreprises allemandes au point d'être comparées par un ministre à des «sauterelles». Maintenant que la finance américaine est mal en point, ce sont plutôt les investisseurs du Moyen-Orient ou d'Asie que l'on semble redouter.


Affiche de campagne du SPD.


Lundi 25 août 2008


Oskar Lafontaine répond aux questions du Spiegel. Quelle agressivité des journalistes: il n'y a pas qu'en France que la «pensée unique» se manifeste.


Ceux qui mènent l'entretien voudraient faire porter à leur interlocuteur la responsabilité de la crise du SPD. Ils lui reprochent d'avoir démissionné du gouvernement en mars 1999, déclenchant l'actuelle crise du SPD !


On a toujours reproché à Lafontaine d'avoir démissionné. Je me rappelle le titre du Bild, le lendemain de cette démission, qui accusait Lafontaine de lâcheté. Pourtant, les motifs de sa décision étaient évidents : l'Allemagne était à la veille de se lancer dans la guerre du Kosovo et Lafontaine ne voulait pas la cautionner par sa présence au gouvernement ; il n'arrivait pas à infléchir le cours de la politique économique de Gerhard Schröder ; enfin, il n'était pas écouté sur ses propositions de création d'un serpent monétaire international, qui empêchât des variations trop grandes des taux de change euro/dollar.


Le problème du dollar, nous sommes en plein dedans ; l'Allemagne doit assumer aujourd'hui, diplomatiquement, que les Russes poussent à l'indépendance de l'Ossétie du Sud comme elle a encouragé celle du Kosovo. Quant à la politique économique de Schröder, elle a provoqué la désadhésion de 200 000 personnes du SPD depuis mars 1999. Qu'Oskar Lafontaine ait jugé nécessaire, il y a trois ans, de créer une structure politique qui puisse recueillir les suffrages des déçus du SPD, quoi de plus normal. Et l'on doit lui donner raison quand il prétend incarner l'esprit de la politique de Willy Brandt, que le SPD a largement abandonné.


Lafontaine indispose d'autant plus, jusque dans une partie de la gauche allemande, qu'il coopère avec l'ancien PDS, les anciens communistes est-allemands. Or beaucoup d'Allemands de l'Ouest n'ont pas assumé la réunification, qui impliquait la réconciliation nationale, donc l'intégration des communistes dans la nation. Seul le SPD pouvait jouer ce rôle, en 1990, au moment de la réunification.


Mais cela voulait dire reconnaître que la fracture de la gauche allemande, en 1918-19 (lorsque le chancelier Ebert fit tirer sur les représentants du socialisme démocratique) et l'impuissance qui en a résulté, en 1930-32, lorsqu'aucun front populaire ne fut constitué contre le fascisme allemand, étaient dues autant aux sociaux-démocrates qu'à la gauche socialiste devenue communiste; que la RDA n'aurait jamais duré, comme le confirment bien des archives désormais disponibles, si l'Occident n'avait pas obstinément refusé, entre 1945 et 1955, toutes les propositions soviétiques, sincères parce qu'intéressées (profiter de la puissance économique d'une Allemagne reconstruite), en vue de la réunification et de la neutralisation de l'Allemagne.


Lafontaine est non seulement un authentique social-démocrate, soucieux de sauver le «modèle allemand» des années Brandt ou de le refonder; mais il est aussi l'un des rares, dans la classe politique allemande, à savoir que la Guerre froide est vraiment finie. Je suis sceptique concernant sa politique économique car on n'a jamais rien bâti de bon sur la création monétaire ex nihilo; mais Lafontaine pose les bonnes questions sur les dysfonctionnements de la mondialisation à l'américaine; et surtout, il défend une diplomatie pacifique - ce dont tout libéral authentique doit lui savoir gré.


Mardi 26 août 2008


Dans certains sondages, le SPD tombe à 20% d'intentions de vote et Die Linke, le parti de Lafontaine et Gysi, monte à 15. Ensemble, les deux partis égalent la CDU/CSU, qui reste à 35%.


Mercredi 27 août 2008


[Les écarts salariaux augmentent dramatiquement en Allemagne] http://www.boeckler.de . Selon une étude réalisée à l'Université de Duisburg, le quart inférieur des actifs a vu son revenu moyen réel chuter de 14% sur la période 1995-2006. L'avant-dernier quart, de plus de 3%. Au contraire, dans les deux quarts supérieurs, on assiste à une augmentation, respectivement, de 5 et de 3,5%. L'étude attire l'attention sur des épisodes comme la dérégulation du secteur des télécommunications. Les syndicats ne se sont apparemment pas préoccupés d'imposer chez les opérateurs venus concurrencer la Deutsche Telekom un plancher pour les salaires.


Aujourd'hui, l'ancien opérateur national pratique une surenchère à la baisse avec ses concurrents. L'étude relève des salaires tombés à 5 euros l'heure dans certaines branches. Jusqu'à la réunification, l'Allemagne a vécu très bien sans salaire minimal; l'introduction irréaliste des salaires de l'Ouest dans les nouveaux Länder a poussé de plus en plus d'entreprises à sortir des accords entre partenaires sociaux. La mondialisation est venue s'y ajouter. Et aujourd'hui, dans une Allemagne qui ne veut en aucun cas de protection commerciale contre les pays à très bas salaires, le consensus social a volé en éclat.


Jeudi 28 août 2008


Lu dans l'éditorial de première page de la Frankfurter Allgemeine Zeitung d'hier, cette formule révélatrice, à propos de la réaction à voir face à la Russie, qui reconnaît l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie: «La réaction minimale est une protestation collective [de la communauté internationale]». Medvedev peut dormir sur ses deux oreilles. Il est vrai que Moscou soumet Berlin à rude épreuve, forçant la diplomatie allemande à sortir de l'ambigüité contre son gré. Jusqu'à présent, les dirigeants allemands se sentaient en toute sécurité dans une construction où ils suivaient l'OTAN stratégiquement et cela ne les empêchait pas de faire des affaires tranquillement en Russie.


Les Américains avaient beau mener une politique étrangère de plus en plus agressive, elle n'empêchait pas les Allemands de faire des affaires là où ils le voulaient. A partir du moment où la Russie fait comprendre au monde que l'ère de l'arrogance américaine est terminée, on est très ennuyé à Berlin. Le monde devient plus insaisissable, moins prévisible, moins planifiable. Madame Merkel est très en colère que les Russes se comportent en nation indépendante et elle essaie de hausser le ton; mais la Deutsche Bank n'entend pas rater son implantation sur le secteur financier en Russie; Daimler est sur le point de passer un accord avec le fabricant de camions Kamaz; la Deutsche Bahn attend d'un accord avec son homologue russe un afflux de capital frais pour elle-même. Sans oublier EADS, qui négocie un accord avec OAK, et [le projet multinational de pipeline de la Mer Baltique] http://www.german-foreign-policy.com . Le monde économique allemand fait donc pression en sens inverse de Madame Merkel, pour que la Russie ne soit pas isolée. Dans quelques semaines, quand les indignations hypocrites (pensons au Kosovo!) de la communauté occidentale auront perdu de la vigueur et que le réalisme l'emportera, on cessera de tirer à hue et à dia à Berlin. La Frankfurter Allgemeine Zeitung nous l'indique déjà entre les lignes.


Dimanche 31 Août 2008 - 21:16

Edouard Husson


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Published by Didier HACQUART - dans PRS