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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 06:08

Comme d'habitude le « vieil éléphant » du PS se livre à une analyse pertinente de la situation, et rappelle quelques vérités...

 

J'ai bien aimé, la remarque de bon sens sur le dollar et l'€, qui va à l'encontre de ce que nous raconte les médias...

 

« Qu'on arrête de raconter des billevesées sur le fait que "l'euro fort" permet de payer moins cher le pétrole, par exemple. C'est notamment parce que le dollar est faible que les pays producteurs, qui facturent en dollars, l'augmentent ! »

 

A méditer, comme le reste...

 

DH

 


"Ce n'est pas en singeant la droite qu'on va la battre", par Laurent FABIUS

 


Interview de Laurent Fabius publiée dans Paris-Match.


Paris Match. Vous venez d'investir dans une société de vente aux enchères, Piasa. Est-ce un retour à la tradition familiale du négoce d'antiquités ? L'amorce d'une reconversion ?


Laurent Fabius. C'est un hobby. Il s'agit d'une participation, avec des amis, dans une maison de qualité et de renom, de taille moyenne. J'ai toujours été très intéressé par l'art, à la fois traditionnel et contemporain. Je vais souvent à Drouot, je chine chez les brocanteurs, dans les foires à tout... Je mets mon petit chapeau, et hop !


N'êtes-vous pas atterré par l'état de la politique et la course aux ego dans votre propre parti ?


Depuis quelques années, la politique est devenue une sorte de show permanent. On dit que c'est l'influence américaine. Peut-être... Cette conception "bling-bling", à gauche comme à droite, ne m'intéresse pas. Un jour, je l'espère, on reviendra à des critères de compétence et de sérieux. Quant aux concours d'ego dans mon parti, je ne m'en mêle pas. La cuisine interne me déplaît, alors qu'il y a tant de problèmes importants auxquels nous devrions réfléchir : environnement, vieillissement, protection sociale, mondialisation...


Vous vous opposez au duel annoncé entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë...


Je ne veux tout simplement pas que l'on tranche en 2008 la question de 2012, ni que l'élection présidentielle paralyse tout. Pour cela, je recommande à mes amis socialistes de soutenir le mouvement des Reconstructeurs, qui partage mon analyse. Mais je ne le conduis pas personnellement. Si ces responsables et ces militants socialistes, qui proviennent d'horizons différents, parviennent à s'entendre et à proposer un projet de fond, ce sera un très bon signe. Ils refusent avec moi la "politique people" et sont également convaincus qu'il faut moderniser la pensée du Parti socialiste, sans pour autant confondre la droite et la gauche.


Le PS est-il au plus mal ?


C'est toute la social-démocratie européenne qui va mal, et c'est à cela qu'il faut réfléchir :


- Le SPD allemand, en s'alliant avec la droite, a perdu des millions de voix et des centaines de milliers de militants.


- La gauche italienne, dont on nous expliquait qu'elle était l'exemple à suivre, a laissé la place à Berlusconi !


- Et le Labour britannique, comme chacun sait, vient de remporter un véritable triomphe aux municipales...


Le paradoxe est que la social-démocratie est partout en difficulté alors que, sur le terrain, dans le monde entier, les faits démontrent l'échec de la financiarisation, de la dérégulation et des thèses classiques de la droite. Voilà la question !


La social-démocratie souffrirait-elle d'être social-démocrate ? Insuffisamment à gauche, au fond ?


C'est plus compliqué que cela. Lorsque, d'un côté, la droite fait jonction avec l'extrême droite et que, de l'autre, la gauche officielle ne répond pas aux espoirs placés en elle, laissant ainsi le champ libre à l'extrême gauche, alors les ingrédients sont réunis pour que beaucoup d'électeurs restent à la maison... Il faut, bien sûr, moderniser la pensée de gauche, mais ce n'est pas en singeant la droite qu'on va la battre. C'est tout un aggiornamento qui nous attend.


Faut-il changer le nom du PS - comme le préconise Manuel Valls - en "Parti de la gauche" ?


C'est une vieille lune ! Quand on veut essayer de se distinguer, à gauche, on adopte des positions de droite. Ça peut aider dans les sondages. Mais pourquoi, plus simplement, ne pas se déterminer en fonction de ses convictions ?


A une certaine époque, c'est à vous que l'on reprochait cette droitisation !


J'ai toujours été partisan de concilier la gauche et la modernité. Je le reste. Mais la vraie modernité !


Je ne confonds pas sondages d'opinion et démocratie. S'il y a des points sur lesquels, à partir de l'expérience, j'ai pu évoluer, sur beaucoup je persiste et signe. Regardez ce qui se passe en Europe. Quand je disais que l'euro cher allait démolir notre industrie en obligeant à des délocalisations, certains poussaient des hauts cris. Or même le patronat européen rejoint aujourd'hui ce discours. Comme dit excellemment Hubert Védrine, l'Europe, faute de stratégie, devient "l'idiot du village international".


Je suis favorable à la monnaie européenne, mais celle-ci est très mal gérée. Qu'on arrête de raconter des billevesées sur le fait que "l'euro fort" permet de payer moins cher le pétrole, par exemple. C'est notamment parce que le dollar est faible que les pays producteurs, qui facturent en dollars, l'augmentent ! L'euro n'est pas "fort", il est cher. Sa gestion est trop dogmatique. Moi qui suis très attentif à ce qui se passe en Allemagne - et partisan du couple franco-allemand -, j'entends le patronat d'outre-Rhin menacer lui aussi de délocalisations si la Banque centrale européenne persiste avec ses taux d'intérêt élevés. Et je m'irrite aussi contre le fait qu'il n'existe pas de politique européenne de la recherche et de l'innovation, alors que c'est la clé de l'avenir. L'inquiétude gagne. En France comme ailleurs : Nicolas Sarkozy n'a pas inventé la crise, mais sa politique l'aggrave, et on peut craindre des tensions sociales sérieuses à l'automne.


"Ça va mal finir", en somme, selon la formule consacrée ?


Je refuse tout fatalisme, et la France a beaucoup d'atouts. Mais, quand quelqu'un se fait élire en prétendant qu'il sera le président du pouvoir d'achat, alors que chacun constate régression, déception et division, les éléments d'un malaise profond sont réunis... A la gauche, au PS en tout cas, de relever la tête. C'est plus important que les batailles d'ego entre Monsieur X et Madame Y.


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Published by Didier HACQUART - dans Parti Socialiste