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Pour mieux connaitre  l’histoire politique de Vitrolles, gérée pendant 5 années (1997 - 2002) par l'extrême droite et le couple Bruno et Catherine MEGRET, plus de 200 articles de presse sont à votre disposition (colonne de droite, rubrique "thèmes" sur ce blog). A l'heure de la banalisation de l'extrême droite, un devoir de mémoire s'impose avec l'expérience vécue à  Vitrolles.

Cette histoire politique est désormais complétée par des vidéos que vous pouvez retrouver dans le thème "l'histoire politique de Vitrolles en vidéo", dans la colonne de droite. Cette rubrique sera renseignée au fil du temps.

@ DH
24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 06:14

L'affaire UIMM est particulièrement complexe. Si les médias se focalisent sur le financement occulte des syndicats, il s'agit en fait bien d'autre chose. Denis GAUTIER SAUVAGNAC a trouvé là le moyen de détourner l'attention sur la réalité et les finalités de l'UIMM. Vis-à-vis des syndicats, il faut aussi s'intéresser aux différentes fédérations de la Métallurgie, et les liens historiques entre certaines d'entres elles et l'UIMM, qui signe quoi, etc.  Il n'est pas nécessaire de mettre tout le monde dans le même panier.
 
Pour mieux comprendre l'UIMM, issue su fameux comités des forges, j'ai trouvé cet article sur Rue89, qui résume l'historique de l'UIMM. Sur le site de Rue 89 , l'article est complété par des interviews audio.
 
Pour ceux qui ont accès à « arrêt sur image » version internet payante de Daniel Schneidermann, je conseille de regarder l'interview du journaliste du figaro, aujourd'hui passé chez Marianne, Eric DECOUTY, qui a révélé l'affaire fin 2007...
 
A suivre...
 
DH
 

 
 


Aujourd'hui dans la tourmente, "l'Union" a toujours utilisé son poids financier pour peser sur la politique sociale.

Chester Conklin et Charlie Chaplin dans 'Les Temps modernes' (coll. Allociné).

Créée en 1901, l'Union des industries métallurgiques et minières (UIMM) façonne l'histoire sociale française depuis plus d'un siècle. Cent sept ans de lobbying, de pressions, de campagnes de presse, d'aide occulte aux politiques et de lutte acharnée contre le "bolchévisme". Où les pratiques du patronat font frémir... Coup d'oeil dans le rétro.


"Il n'y a jamais eu de corruption, de financement politique, d'achat de parlementaires, ou de signatures lors d'un accord syndical, jamais."


Lorsqu'il consent enfin à s'expliquer dans un entretien au Monde, Denis Gautier-Sauvagnac commence par proférer un demi-mensonge. Puis, il enchaîne par une demi-vérité en forme d'aveu :


"Ce système, j'en ai hérité, je suis le septième délégué général depuis 1901. Ça tombe sur le septième, pas de chance, mon devoir est d'assumer. Mon erreur est de ne pas avoir arrêté le système en 1994."


Pour bien comprendre l'emprise que l'UIMM exerce sur les relations sociales, il faut donc remonter aux origines, à la fondation de "l'Union".


Mars 1901 La naissance du lobbying

 

Officiellement instaurée en mars 1901 par Robert Pinot, un Polytechnicien proche des patrons, l'Union des industries métallurgiques et minières est créée en marge du Comité des Forges, pour contrecarrer la législation sociale promue par le socialiste Alexandre Millerand.


Cette année-là, le ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes fait passer une loi sur le travail des femmes et des enfants, puis en septembre, une autre loi sur l'abaissement à 11 heures de la durée de travail journalière des ouvriers. Dès le départ, souligne l'historienne Danièle Fraboulet, l'UIMM est conçue en réaction à l'inertie de certains patrons.

 

Années 20 : Lutter contre le "bolchévisme" qui s'étend en Europe


En réaction à la Révolution russe de 1917, les patrons s'organisent pour lutter contre l'influence du "bolchévisme" qui s'étend à travers l'Europe. Au sein de l'UIMM, le Groupe des industries métallurgiques de la région parisienne (GIM) joue un rôle particulier.


Il produit des libelles, journaux et tracts distribués dans les usines. L'historienne Danièle Fraboulet a retrouvé dans les archives du GIM une note du 5 novembre 1925, signée de son délégué spécial, Etienne Villey :


"Une dizaine de feuillets, rédigés par des intellectuels russes réfugiés en France, et traitant brièvement de quelques aspects de la vie ouvrière en Russie, ont été distribués dans les quartiers ouvriers à 100 000 exemplaires chacun.


"Trois tracts confectionnés par nos soins ou sous notre direction ont été envoyés à domicile à 7 500 adresses d'ouvriers données à notre secrétariat par les établissements adhérents."


Par ailleurs, les entreprises sont invitées à verser une contribution de 5 francs par ouvrier en guise de participation à la propagande. Mais ce n'est pas tout, la méthode de travail de l'UIMM, c'est l'influence "en réseaux" sur les décideurs. Dès le départ, l'Union s'implique dans la vie parlementaire.

 

Mai 68 La création d'une caisse de solidarité antigrève


Dans la foulée du mouvement de contestation qui s'étend aux entreprises, le patronat s'organise. Comme le révèlent, dans les années 80 les journalistes du Canard Enchaîné et de l'Humanité, l'UIMM créée le 1er mars 1972 une structure ad hoc, dont le but est de constituer une caisse de solidarité antigrève: l'Epim, l'Entraide professionnelle des industries métallurgiques.


Fondée par François Ceyrac, l'Epim fonctionne comme une assurance: les entreprises cotisent, à raison de 0,2 pour mille de leur chiffre d'affaires, en échange de la garantie de pouvoir bénéficier d'une compensation en cas de conflit social. Dans une note confidentielle "Notre action d'entraide professionnelle", révélée en 1987 dans un livre ("Sur la piste des patrons", Messidor/Éditions sociales), l'UIMM précise:


"[La cotisation est] partie intégrante des frais divers de gestion déductibles du bénéfice imposable. En cas de grève, l'entreprise établit et présente, par l'intermédiaire de la chambre syndicale territorialement compétente, un dossier de demande d'aide.


"Cette demande est soumise au comité de surveillance du régime, qui vérifie que la position de l'employeur au cours et à la fin du conflit n'a pas été contraire aux intérêts fondamentaux de nos professions."


Et pour défendre les "intérêts fondamentaux" de la profession, l'UIMM va aussi fortement contribuer à bâtir la doctrine sociale française. Parce que le droit reste un instrument de contrôle très efficace.

 

Années 70 Développer "l'information économique", en finançant les campagnes


A une époque où la politique se professionnalise et coûte de plus en plus cher, l'UIMM va aussi faire évoluer son aide aux candidats conservateurs, sous deux formes.


D'abord la traditionnelle production de documents de campagne. En 1978, les journalistes du Canard publient un bilan de l'aide apportée lors des législatives de 1973, où il apparaît que 9 millions de journaux et revues, 2 millions d'affiches et 8 millions de tracts ont été financés par la fédération.


Pour s'adapter à l'évolution des mœurs, l'UIMM prône alors de développer "l'information économique". Un document interne analyse notamment:


"Le mental du plus grand nombre est obstrué par des clichés, des slogans mobilisateurs d'émotion qui font barrage à l'entrée de l'information. Une fois pour toutes, les travailleurs forment une caste sacrée, une race supérieure souffrante et martyre promise à l'hégémonie finale.


"Nourrie de cette pâture digeste, une large partie du public ne reçoit, ne perçoit et ne peut observer que ce qui est en résonance avec ce fond de convictions déposé en chacun. (...) C'est un devoir moral et civique de lutter contre l'intoxication; il n'y a pas perversité ou machiavélisme à utiliser des techniques de conditionnement."


Ce mécanisme n'est pas nouveau. Dès les années 20, les patrons de la métallurgie réclament une association pour financer les partis politiques qui défendent leurs idées. Ils vont même jusqu'à ouvrir un compte en banque réservé à cet usage. 

 

Années 80 : Une première affaire de caisse noire, au Luxembourg

 

Autre aspect, révélé dans les Dossiers du Canard de 1988, une caisse noire au Luxembourg. Cette fois-ci, c'est une association entre l'UIMM et Assimilor (Association des chambres syndicales de la sidérurgie et des mines de fer de Lorraine) qui décident de placer 1,35 million de francs (reliquat des restructurations dans la région) en actions. Robert Eisenkopf, comptable de l'entreprise Wendel et des associations patronales, est chargé de cette tâche délicate.


Il place ces fonds au Luxembourg, dans une succursale de la Chase Manhattan Bank. Manque de chance, le 14 juin 1977, le comptable est intercepté dans l'express Luxembourg-Paris, alors qu'il consulte des documents bancaires dans le train. Incapable de justifier de la moindre autorisation d'ouverture de compte à l'étranger, il raconte tout aux douaniers.


Finalement, après une semaine de prison, il est libéré suite à l'intervention de Maurice Papon, alors ministre du Budget (1). En échange, l'UIMM accepte de régler une amende de 2,7 millions de francs. Conclusion du Canard: "Pas de procès, pas de scandale."


2008 : Une crise profonde, avant une normalisation?


Ironie de l'histoire, le 19 août 1997, une partie des archives du Crédit Lyonnais partent en fumée dans l'incendie de trois hangars au Havre. Les experts sont formels: ce n'est pas un accident. Or, dans ces entrepôts, outre les archives de neuf banques relatives à la période de Vichy, se trouvait aussi une partie des archives du GIM de la région parisienne.


Tout cela ne répond pas à la question de savoir où sont passés les 19 millions d'euros distribués en liquide par l'UIMM, entre 2000 et 2007? D'autant plus que la cotisation à l'Epim est passée de 0,2 pour mille à 0,4 pour mille en 2001. Dans ces conditions, comment croire à la défense du septième délégué général, Denis Gautier-Sauvagnac ?


Par David Servenay (Rue89)   



(1) Maurice PAPON était en 1967, président de Sud Aviation, ancêtre de l'Aérospatiale, entreprise affiliée à l'UIMM...

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Published by Didier HACQUART - dans Rien n'est inéluctable - mobilisons nous !